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Aller à Pachuca

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Pourquoi revenir sur les faits? D'abord parce que nous en avons le temps. Ensuite parce que c'est ainsi que nous avançons : à contre-courant, incessamment ramenés en arrière.

D'abord, pourquoi aller à Pachuca, en ce pays de mines désargentées, vous entends-je me demander? Parce qu'il y a du foot, c'est tout, ai-je envie de vous répondre, mais la question n'est pas là. La véritable question c'est : comment. Comment va-t-on à Pachuca? Et la réponse n'est pas simple, puisqu'il n'y en n'a pas qu'une seule.

J'arrivais, pour ma part, de Santiago de Querétaro (Querétaro tout court, pour les intimes). Pourquoi Querétaro? Vous me semblez bien préoccupés par le pourquoi des choses, et j'ai bien envie de vous retourner la question, pourquoi pas, et pourquoi avoir besoin de tout justifier, ciboire? Mais mes bonnes manières m'interdisent pareille indélicatesse et je me refuse, par principe et par témérité, à une semblable parade. Je vous répondrai donc que j'avais pour projet initial de me rendre à Querétaro pour le 13 février, date à laquelle j'aurais pu voir Ronaldinho et le Querétaro FC affronter Cruz Azul à l'Estadio Corregidora. Me disant ensuite que Ronnie pouvait tout aussi bien me faire faux bond pour le match et que j'avais de toute façon de meilleures chances de le croiser dans un bar de la ville qu'au stade, je me suis ravisé, arrivant seulement le 17, en pleine nuit. Ronaldinho est un joueur fantasque et capricieux? Ben sache mon Ronnie qu'il y a des fans du même acabit. Je ne vois pas pourquoi je prendrais quelques jours de vacances de plus pour un joueur qui, la moitié du temps, ne daigne même pas nous honorer de sa présence. Mets-ça dans ta pipe pis fume, mon Ronnie.

Toujours est-il que je suis passé par Querétaro, et que j'y ai peut-être découvert la source des rumeurs qui envoyaient Ronaldinho en Angola au dernier mercato hivernal. Mais ça, c'est une autre histoire, que je vous raconterai peut-être un jour, si vous êtes gentils. Pour l'heure, rendons-nous, ou revenons, plutôt, à Pachuca.

Pour qui ne connait pas le Mexique, la route qui mène à Pachuca est des plus démoralisantes, surtout si on ne va pas plus loin que le stade et l'hôtel à côté. Il y a de quoi regretter la NASL. Il faut savoir que la plupart des villes du Mexique se sont développées sur le modèle du boulevard Taschereau, et que pour atteindre un centre colonial (peut-être) préservé, il faut d'abord traverser des années d'excroissance commercialo-industrielle. Pour un peu, et n'eut-été de quelques détails pittoresques (citons un magasin de la chaîne Liverpool, omniprésente au Mexique, et une arène de corrida), Patrice Bernier se serait cru revenir à Brossard en arrivant à Pachuca.

Mais au diable l'esthétisme. Comme les Brossardois, qui doivent trouver le boulevard Taschereau bien pratique, les Mexicains préfèrent emprunter les voies périphériques pour faire leurs courses et aller de l'avant, le plus rapidement possible, en droite ligne, en laissant le joli centre aux visiteurs. Or, c'est aussi comme ça qu'ils jouent au foot. Pas que les joueurs de Pachuca, mais ceux de toutes les équipes, de la chihuahesque Tijuana à la grande America. Mais même s'ils évitent d'y aller eux-mêmes, les Mexicains en font de très jolis, des centres; c'en est un art qu'ils semblent invariablement destiner à des étrangers comme l'Argentin Nahuelpan.

Bon voilà, nous sommes arrivés à Pachuca. Et le match, me direz-vous? Qu'est-ce que vous pouvez être lourds, avec vos questions. Je vous rappelle que le titre de cette chronique est Aller à Pachuca. Il n'y a jamais été question de match. Le match, mémorable, vous l'avez vu à la télé, vous en avez entendu parler et vous avez lu quantité de comptes rendus et de tweets sur le sujet. Est-il vraiment besoin de revenir là-dessus?

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