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Henry louange Bernier

Finalement, après 6 tentatives infructueuses de remplir le NOUVEAU Stade Saputo, la 7e fois fut la bonne. C’est vrai que lorsqu’on reçoit les Red Bulls de New-York, avec ses joueurs vedettes comme Kenny Cooper, Sébastien Le Toux et surtout Thierry Henry, ça aide un peu. Toujours est-il que l’ambiance était électrisante dans le stade et le résultat le fut tout autant. Les amateurs montréalais ont été choyés. Ils ont eu droit au premier but, dans le circuit Garber, de Marco DiVaio (enfin!!!!) sans compter le début en MLS d’une légende vivante, Alessandro Nesta. Pourtant, ce qui a retenu le plus mon attention est le commentaire qu’Henry a fait aux médias après la rencontre. Comme le rapporte le journaliste d’ESPN, Doug McIntyre, sur son compte Twitter, Henry est plus impressionné par le québécois Patrice Bernier que par DiVaio ou Nesta. Selon lui, Bernier est la clé de cette équipe. Bernier est sur une bonne séquence en ce moment mais ce ne fut pas toujours le cas cette année.

Après de bonnes performances sur le terrain en début de saison, Patrice fut laissé de côté par l’entraineur Jesse Marsch pour une bonne partie des matchs du mois d’avril et de mai. Depuis le match contre les Rapids du Colorado par contre, il joue de façon plus régulière (12 matchs joués sur une possibilité de 13). Il s’est mérité le titre du joueur de la semaine en MLS pour le match du 16 juin contre Seattle en plus de faire partie de l’équipe de la semaine à 3 reprises.

J’ai entendu toutes sortes de théories pour expliquer les raisons de son manque d’utilisation. Que ce soit du fait que Marsch préfère les joueurs au style plus direct, c’est-à-dire le style de jeu préconisé dans la MLS, en passant par la supposition que l’entraineur voulait s’assurer d’asseoir l’autorité du nouveau capitaine de l’équipe, Davy Arnaud (Bernier et Arnaud étaient pressentis au titre de capitaine). C’est vrai que Bernier a une qualité technique et une intelligence sur le terrain, typique d’un joueur qui a évolué en Europe. Il a joué 9 saisons sur le vieux continent avant de revenir avec l’Impact. On voit toutefois beaucoup de joueurs européens ou avec une expérience de ces ligues européennes, venir en MLS et bien performer. Je ne crois pas non plus que Marsch soit borné au point de ne pas le faire jouer pour la seule raison que Bernier ne joue pas assez agressivement. Pourquoi aurait-il recruté Felipe s’il n’apprécie pas ce type de joueurs? Pour ce qui est de l’histoire de capitaine, c’est peut-être vrai. Je ne sais pas et personne ne le sait à part les membres de l’équipe. Mais il y a une chose que je sais : Jesse Marsch est un gagnant. Un gagnant fera tout ce qu’il peut pour se mériter la victoire. Je doute fort qu’il ne faisait pas jouer Bernier dans le seul but de s’assurer qu’Arnaud prenne le contrôle du vestiaire. A tort ou à raison, Jesse Marsch mettait sur le terrain ce qu’il croyait lui donner la meilleure chance de gagner les matchs. C’est toujours facile de mettre en doute les décisions prises par l’entraineur une fois qu’on connait le résultat. Bernier et Arnaud sont des professionnels avec un bon bagage d’expériences; donc Marsch n’avait pas besoin d’assurer l’autorité d’Arnaud comme capitaine. Les deux vétérans connaissaient chacun leurs rôles et j’ajouterais même qu’ils se complètent plutôt bien du fait qu’ils ont des personnalités très différentes sur le terrain.

L’autre chose qu’il est important de se rappeler est que nous avons un entraineur qui en est à ses débuts à titre d’entraineur chef et qu’en plus, il dirige une équipe recrue (expansion). Comme n’importe quelle recrue, il sera sujet à faire des erreurs. Il en a fait et il en fera encore. L’important est d’apprendre de ses erreurs et il semble avoir appris de celle-là. Il faut aussi lui donner du mérite. L’équipe joue au-delà des espérances que j’avais en début d’année et elle déjoue tous les pronostics que les experts avaient émis en début de saison. Les succès de cette équipe sont dus en partie, au talent de Bernier à distribuer le ballon à ses coéquipiers. Sa présence en milieu de terrain est rassurante et il semble particulièrement doué pour calmer le jeu. Mais il ne faudrait pas négliger le travail de l’entraineur chef.

La bonne nouvelle de toute cette polémique est que cette histoire fait maintenant partie du passé. Bernier joue et il a prouvé avoir sa place dans l’alignement partant à tous les matchs. En plus, il a démontré à son entraineur qu’il est un leader et un vrai professionnel. Ce ne fut probablement pas facile pour un joueur de son calibre de ne pas jouer, surtout qu’il était revenu au Québec exprès pour ça. Cependant, il faut admettre que ces compliments, surtout lorsque cela vient d’un joueur de la trempe de Thierry Henry, auront le don de mettre un peu de baume sur ses cicatrices.