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Gorka Larrea, chaînon manquant ?

Gorka Larrea est le meilleur ami de Patrice Bernier.

John Geliebter-USA TODAY Sports

La première fois que je l'ai vu, c'était sur la photo officielle de l'Impact. Mais qui pouvait bien être ce sosie de David Guetta avec sa pure dégaine de tennisman de la fin des années 1980 ? Son sourire ne pouvait pas être trompeur, d'ailleurs, Patrice Bernier le premier a fait remarquer sa bonne humeur

Je l'ai déjà dit, avant qu'il signe c'est comme s'il faisait déjà partie des meubles. Il a une joie de vivre et il aime dialoguer.

Restait à savoir s'il allait trouver sa place au sein de l'effectif de l'Impact, c'est-à-dire, pour prendre moins de pincettes, savoir s'il avait le niveau. Il était évident à son arrivée que le contexte était bon pour son intégration. Outre la situation de l'Impact, le Bleu Blanc Noir manquait cruellement de milieux défensifs après avoir cédé Davy Arnaud et Andrew Wenger. Patrice Bernier, tout impérial qu'il peut être, n'est plus au début de sa carrière. Calum Mallace, quant à lui, l'est peut-être encore un peu trop.

Conscient que l'arrivée d'un nouveau DP offensif était nécessaire pour préserver la cote de Montréal et contenter certains supporters, j'ai souvent insisté sur l'importance de combler le manque dans la zone défensive du milieu de terrain. L'arrivée de Gorka Larrea a donc éveillé ma curiosité et mon intérêt, compte tenu de ma méconnaissance du joueur à l'expérience en Espagne non négligeable.


D'autant plus qu'il semble avoir laissé un bon souvenir partout où il est passé, que ça soit à la Sociedad, à Almeria, Levante ou Numancia. Des expériences européennes qu'il a en commun avec Bernier, ce qui, sur un point tactique, est plus que bénéfique. On se souvient en effet de la douloureuse association Bernier-Bernardello qui n'a jamais vraiment fonctionné comme un véritable duo, les deux joueurs ayant tendance à se marcher dessus, à ne pas s'accorder dans les tâches à accomplir et à jouer chacun son jeu.

D'ailleurs, le capitaine du Bleu Blanc Noir ne l'a jamais caché

Avec Hernan, les tâches n'étaient pas très bien définies. On n'a jamais vraiment trouvé l'équilibre.

À croire que tactiquement, les deux joueurs n'étaient définitivement pas fait l'un pour l'autre.

Cependant, malgré l'arrivée d'un joueur à un poste qui devait être comblé, dans un système (le 4-5-1 à deux milieux défensifs) où il est primordial de sécuriser l'axe du terrain, il a fallu quelques temps pour voir Gorka intégrer les 14.

Maintenant que Klopas semble avoir définitivement opté pour le 4-5-1, bien que celui-ci puisse s'avérer évolutif en cours de partie (4-2-3-1, 4-1-1-3-1...), il est nécessaire de pouvoir s'appuyer sur un ce fort secteur de jeu. Car Patrice Bernier, quand il est aligné en compagnie de Felipe ou de Mallace, est borné à des tâches défensives qui le fatiguent et ne lui permettent pas de s'exprimer plus haut sur le terrain, où il excelle.

Avec Larrea, Bernier a l'assurance de bénéficier du soutien du Basque dès qu'il souhaite porter le ballon vers l'avant. Le sosie officiel de David Guetta comprend le jeu du Québécois, sait parfaitement à quel moment jouer la couverture, à quel moment s'aligner pour jouer à plat, côte à côte avec Bernier, devant la défense. Les phases défensives sur des attaques placées adverses sont alors beaucoup moins stressantes, étant donné que les deux milieux forment un premier rideau particulièrement difficile à passer, que les adversaires doivent alors contourner en passant sur les ailes.

La présence de Larrea avec Montréal n'a pas eu qu'un Impact sur le jeu des Québécois. Les résultats parlent d'eux-mêmes. En MLS, avec Larrea, l'Impact n'a encaissé que 5 buts pour une fiche de 2-3-1, ce qui, en cette annus horribilis, fait partie des bonnes séries. L'Impact profite également des atouts du Basque, notamment sa qualité de passe, puisqu'il tourne à 80% de passes réussies, sur des totaux plus élevés que ses coéquipiers.

Gorka Larrea ne serait-il donc pas le chaînon manquant pour l'Impact ? Car au-delà de ses qualités de joueur et d'homme, pour l'Impact, c'est plus facile avec lui, et c'est aussi le capitaine qui le dit

Avec Gorka, on n'a jamais vraiment parlé des responsabilités, mais on dirait que sur le terrain, c'est plus simple.