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Klopas: Même cartes, Différent «Dealer»

Quel jeu de cartes Frank Klopas a de disponible pour préparer la saison 2014?

USA TODAY Sports

Avec un peu plus d'une semaine avant le début de la saison, on est en droit de se demander quelles seront les retombées de l'embauche d'un troisième coach en trois ans pour la formation montréalaise. Seront-elles positives ou négatives? Voici les raisons qui me poussent à croire que l'arrivée d'un nouvel entraîneur-chef sera un bienfait pour la formation montréalaise après une fin de saison catastrophique.

Premièrement, en la personne de Frank Klopas, on voit quelqu'un qui propose un profil plus complet pour être entraîneur-chef dans la MLS que ses prédécesseurs en raison de son expérience dans cette ligue. Cette expérience se situe tant à titre de membre de la direction d'une équipe première, qu'au poste d'entraîneur et même de joueur. En plus de cela, il possède un bagage européen, ce qui est clairement à son avantage dans un marché comme Montréal.

Outre ses compétences techniques et sa gestion de fin de match qui ne peuvent être évaluées à ce stade-ci, comment pouvons-nous évaluer l'effet  Klopas sur le onze montréalais? Il est évident que les cartes sont pratiquement les mêmes que l'an passé pour le  nouveau coach de l'Impact.

Cependant, nous pouvons dire que tous les joueurs commencent la saison avec un dossier vierge pour l'entraîneur. Il a prouvé, au travers des matchs de la Classique Disney, qu'il était un meilleur " dealer " que le volcan suisse. Il n'a pas eu peur de faire jouer des jeunes comme Victor Ndiaye, Jérémy Gagnon-Laparé, Eric Miller et d'autres jeunes joueurs présents en Floride. Espérons que cela se produise à nouveau cette saison.

Aux yeux de plusieurs, cela ne veut pas dire grand chose, mais il s'agit d'une marque de confiance pour les jeunes joueurs et cela met de la pression sur les vétérans de l'équipe première.

Est-ce une coïncidence que certains joueurs affichent une forme supérieure à l'an passé? Bien sûr que non. Certains ont blâmé le prédécesseur de Klopas et ils doivent maintenant livrer la marchandise.

Un  nouvel entraîneur ne part avec aucune idée préconçue sur chacun des joueurs et ceux-ci peuvent donc se bâtir à nouveau une confiance.  Mais ils devront tout de même prouver à la direction qu'ils sont des joueurs dominants dans le circuit Garber, car aucun joueur, outre le joueur désigné italien, a un poste assuré dans le onze partant, et ce soir après soir.

Quelques-uns de ces joueurs, qui ont leur saison entre leurs mains, sont en fin de contrat et ils se doivent de tout donner s'ils veulent poursuivre leur aventure à Montréal. Ces mêmes joueurs ont une motivation supplémentaire, soit celle de plaire à un entraîneur qui ne les connaît que très peu.

Des joueurs comme Collen Warner ou Andrew Wenger se doivent d'être étincelants en début de campagne pour gagner des minutes de jeu, qui furent rares sous l'ère de Schällibaum.

D'autres joueurs, comme Romero, ont beaucoup à prouver et à perdre, alors qu'ils étaient des titulaires presque indiscutables l'an passé.

Tout cela fait en sorte qu'aucune carte n'est jouée quant aux 18 joueurs qui seront habillés soir après soir, par le grec.  Tout le monde a un poste à perdre ou à gagner lorsqu'un nouvel entraîneur entre en fonction, surtout quand la direction a la mèche courte.

Frank Klopas a aussi vu juste quand à la lacune principale de l'équipe. La défensive de l'an dernier n'était pas si mal en terme d'individualité, mais en terme de jeu collectif, elle était aussi trouée qu'un fromage suisse. Combien de fois avons nous perdu ou fait match nul dû à une action stupide d'un milieu de terrain ou en raison des lacunes de récupération de ceux-ci.

De plus, il ne faut pas exclure le fait que les deux italiens furent grandement taxés à la défense. Ce fut tellement chaotique en deuxième moitié de saison que l'Impact  compte parmi sa formation le défenseur qui a encaissé le plus de but la saison dernière, en la personne de Matteo Ferrari.

Une question que nous pouvons nous poser quand au choix qu'avait fait Marco Schällibaum quant à son alignement; en avait-il le plein contrôle? Personnellement j'en doute et j'ose croire que Klopas aura plus de liberté que son prédécesseur.

Quoi qu'il en soit, avec le départ d'Alessandro Nesta et l'incertitude quant aux autres défenseurs centraux, ce sera intéressant de voir comment Klopas placera ses cartes pour faire bonne figure en championnat et en ligue des champions de la CONCACAF.


Ne laissant rien au hasard, Klopas a décidé de régler les problèmes défensifs en ajustant la façon de jouer. En ajoutant Nikolaos Kounenakis, un spécialiste de la défensive,  à son équipe d'entraîneurs adjoints, il veut que les joueurs soient plus agressifs en récupération de ballon, pour être en mesure d'exploiter la force majeure de l'Impact dans les deux dernières saisons, soit la contre-attaque.

L'entraîneur a comme objectif de rendre l'équipe plus agressive en récupération, plus solide défensivement tout en étant une équipe qui joue au ballon à l'européenne. Plusieurs vétérans de l'équipe ont déjà évoqué que leur identité a changé comparativement à la saison dernière.

Un autre aspect qui pourrait être avantageux pour l'Impact est la situation devant le filet. Certes, en changeant d'entraîneur, on peut s'imaginer que Bush  verra peut-être plus d'action en championnat et que la "règle " établie par Schällibaum tombera.

Souhaitons que la compétition entre les deux gardiens, qui fut jusqu'à  maintenant absente, force ceux-ci à donner leur maximum à chacun de leur départ de façon à optimiser la protection du filet du bleu blanc noir. On ne peut passer sous silence les performances moins convaincantes, en fin de saison, de Troy Perkins qui a disputé tous les matchs de championnat.

Finalement, dans le schéma tactique de Klopas, Patrice Bernier agira comme milieu offensif et apportera beaucoup plus de support à Felipe qui s'est probablement mit trop de pression l'an passé pour créer de l'offensive. D'ailleurs, ses performances en ont souffert.

Avec un milieu plus animé, de la saine concurrence au sein de l'effectif et une mentalité différente, on est en droit de croire à la chance de l'impact et de Frank Klopas de bien faire en cette saison 2014.

Enfin, une saison dans la MLS comporte son lot de rebondissements, en raison des surfaces synthétiques qui ont causé des mots de tête à certains joueurs, de la question du calendrier et des déplacements qui sont nombreux.

Klopas connaît maintenant les cartes avec lesquelles il poursuivra la quête vers les séries et qui sait peut-être vers une victoire de la coupe. On peut rêver à l'ajout d'un joker, après la Coupe du Monde, mais outre cette probable carte cachée, le grec connaît maintenant les cartes avec lesquelles il devra composer.

Souhaitons seulement que Frank Klopas ait une main heureuse avec la stratégie employée et qu'il ne perdra pas trop d'atouts en cours de saison.