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L'arbitrage en MLS

L’impact a 23 matchs de joué en MLS et je dois admettre que l’arbitrage me laisse un peu perplexe. Après avoir subi l’arbitrage de la NASL (North American Soccer League), je me réjouissais à l’idée qu’enfin, dans les ligues majeures, l’arbitrage serait meilleur. J’ai vite perdu mes illusions. Ma première vraie constation du piètre niveau d’arbitrage fut au 4e match de la saison, contre les RedBulls de New York. Quelques minutes avant la fin de la 1ère demie, Matteo Ferrari fit un superbe tacle contre Dax McCarty juste devant le filet de l’Impact mais l’arbitre ne le vit pas ainsi et décerna un penalty. Kenny Cooper le prit et marqua pour égaliser la marque 2 à 2. Ce penalty, juste avant la demie, changea l’allure du match. L’Impact perdit la rencontre 5 à 2 après avoir dominé pendant les 45 premières minutes. L’arbitre était très mal placé sur ce jeu et on voit très bien que Ferrari touche le ballon en premier pour ensuite toucher au joueur. Il y a eu plusieurs autres matchs frustrants causés par l’arbitrage dont un des plus récent, celui du 4 juillet dernier contre le Sporting de Kansas City.

Je me suis donc mis à faire des recherches pour savoir ce que la MLS pensait de ses arbitres et du niveau de qualité de ceux-ci. Plus important encore, je voulais savoir si elle faisait quelque chose pour s’améliorer.

Je me suis rendu compte que de trouver des articles qui critiquent l’arbitrage en MLS n’est pas vraiment difficile. Cela m’a rassuré un peu car au moins, je ne suis pas le seul à le constater. La majorité des articles s’entendent pour dire que l’arbitrage n’est pas constant d’un match à l’autre. Certains arbitres sont très sévères et d’autres ne le sont pas assez. Certains vont même jusqu’à proclamer que la blessure du milieu de terrain Javier Morales, est due au manque de sévérité de l’arbitre. Morales, du Real Salt Lake, s’est fait casser la cheville droite à cause d’un tacle par derrière du milieu Marcos Mondaini, du Chivas USA, le 7 mai 2011. L’arbitre aurait été trop passif sur des fautes et tacles répétés contre le Chivas. Sur des fautes, que le livre de règlements stipule clairement être un carton rouge, l’officiel ne donnait que des jaunes et refusait ainsi de garder le contrôle du match. Tandis que si l’arbitre avait affiché ses couleurs dès le début, cette blessure aurait pu être évitée car les joueurs n’auraient pas pris le risque de se mériter un carton rouge et auraient joué dans les limites des règles.

Selon Don Garber, le commissaire de la MLS, le niveau d’arbitrage ‘’est bon’’. Cependant, la MLS reconnait, de façon détournée que l’arbitrage reste à améliorer car elle a créé, le 6 mars 2012, la Professional Referees Organisation (PRO). Sa création vient d’une association faite entre US Soccer et la MLS. Son but est d’améliorer le standard général de l’arbitrage en Amérique du Nord, de développer un plus grand nombre d’arbitre à un jeune âge et de mieux les préparer à représenter les États-Unis et le Canada dans des compétitions de la FIFA. Peter Walton a été nommé directeur général du PRO. Cet ancien arbitre de l’English Premier League (EPL) (9 saisons et plus de 200 matchs) a du pain sur la planche. Il devra s’assurer que l’arbitrage se fasse de la même manière et avec les mêmes directives en MLS qu’ailleurs puisque les règles de jeu sont identiques partout.

La PRO permettra un plus grand financement aux programmes d’arbitrage, en plus d’accroitre les possibilités de formations et de donner la chance d’engager du personnel technique plus qualifié. M. Walton croit aussi que l’amélioration de la qualité d’arbitrage passera par un plus grand nombre d’officiels à temps plein, surtout que le programme sera plus intensif. J’ai été content d’apprendre que la PRO s’est doté d’un système de vidéo en direct pour évaluer les officiels de la MLS. De plus, pour s’assurer d’une évaluation plus complète, d’anciens joueurs et entraineurs sont dans les stades pour observer leurs faits et gestes.

Lors de la conférence de presse du 7 mars 2012, pour l’annonce officielle de la création du PRO, voici ce que la haute direction de la MLS, US Soccer et la PRO avait à dire. Nelson Rodriguez, v-p compétition à la MLS, affirme que la ligue et US Soccer ont un groupe qui évalue le travail des arbitres et que depuis 2 ans, avec l’aide de la vidéo en direct, il est beaucoup plus facile d’étudier le niveau de justesse de leurs décisions. Ce groupe a trouvé que les officiels de la MLS ont un taux extrêmement élevé de bonnes décisions et qu’ils sont certainement de niveau mondial. M. Rodriguez ajoute cependant le fait que certains arbitres ne sont pas embauchés à temps plein et que cela ne les aide pas à performer à leurs plein potentiel. Ce que j’en comprends est que les arbitres sont bons mais seulement lorsqu’ils sont reposés. Ça expliquerait donc en partie, le manque de constance.

Ensuite Asher Mendelsohn, directeur des arbitres pour US Soccer, explique que pour évaluer son personnel, il fait appel à des experts indépendants, non associés à la MLS, US Soccer ou aux équipes. Fait intéressant, les évaluations démontrent qu’en général, du point de vue de la qualité, ils sont très similaires au niveau que l’on trouve dans les ligues d’Europe. Le problème que j’ai ici est qu’il ne dit pas quelles ligues d’Europe. On se compare aux meilleures ou aux moins bonnes? Ces experts font-ils une moyenne des bonnes et moins bonnes ligues? Je ne sais pas et je n’ai pas trouvé la réponse. En ce qui a trait à la justesse des décisions, spécialement pour les arbitres assistants et les hors-jeu, il affirme qu’ils sont presqu’aussi bons que ceux en EPL et en Coupe du Monde. Je crois que M. Mendelsohn devra peut-être voir les matchs que j’ai vus cette année car pour la qualité des décisions des hors-jeux, je ne suis pas d’accord qu’on soit presqu’au même niveau que l’EPL. La MLS a encore beaucoup de travail à faire à ce sujet.

M. Walton a pour sa part expliqué que le but du PRO est justement de mieux encadrer les officiels pour qu’ils aient les soins médicaux appropriés lorsqu’ils se blessent et d’avoir la préparation physique requise pour les matchs. Il souhaite aussi travailler sur l’aspect mental des arbitres (stress causé par leurs rythmes de vie, les matchs, etc.) et mettre sur pied une structure pour les supporter et bien les préparer aux matchs, un peu comme font les équipes d’entraineurs et de soigneurs avec leurs joueurs.

La MLS semble refuser de critiquer publiquement l’arbitrage dans la ligue. Elle semble même vouloir surprotéger les officiels. De donner des amendes aux joueurs et entraineurs qui critiquent les arbitres, c’est une chose. Toutefois je trouve qu’on pousse un peu fort lorsqu’on met à l’amende un coach qui refuse de critiquer l’arbitrage lorsqu’il explique avoir été mis à l’amende le match précédent, justement à cause de ces mêmes types de critiques (voir Jesse Marsch). Je comprends que la ligue n’est qu’une adolescente (17e édition) comparé à beaucoup d’autres ligues. Il n’en demeure pas moins que ce serait bien si la MLS admettait certaines erreurs comme c’est fait dans d’autres ligues (NFL entre autre). Faute avouée à demi pardonnée dit-on. Au moins, elle fait des efforts pour mettre en place une organisation qui améliorera l’arbitrage dans la ligue tout en développant mieux les jeunes arbitres afin qu’ils soient prêts lorsqu’il sera temps de faire appel à eux. J’ai trouvé que M. Walton semblait conscient du travail à faire et qu’il ne semblait pas joué à l’autruche. C’est justement le nouveau directeur du PRO qui affirme que ‘’le plan est que d’ici 2022, la MLS soit aux standards mondiaux’’. Il admet, par le fait même, que l’arbitrage en MLS n’est pas encore à ce niveau.