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Impact de Montreal : On ne demande qu'à croire

C'est en remportant une cinquième victoire à leurs six derniers matches samedi dernier que l'Impact, paradoxalement, officialisait sa non participation aux séries d'après-saison de la MLS pour la seconde fois en trois ans.

Jean-Yves Ahern-USA TODAY Sports

C'est, quand on s''y arrête, l'essence même d'être partisan. Croire. Espérer. Rêver, bref. Dans la majorité des championnats européens règnent quelques ténors qui font régulièrement la barbe aux petits marchés et autres équipes moins riches et ce, autant en espèces qu'en histoire. Cependant, cela semble être accepté et vu comme la normalité. Le fan du Real rêvera du titre d'Europe, celui de Gazélec, d'un seul match contre PSG ou l'OM en coupe. C'est ok ainsi. Tous les deux, ils croient.

Dans les ligues majeures d'Amérique du Nord est prôné le fameux principe de parité. Il ne serait pas fou de dire que la MLS est peut-être la ligue qui semble la rechercher le plus. D'une part à cause de sa relative jeunesse et du spectre encore présent du flop de la NASL par le passé. De l'autre, parce que la ligue se soucie plus que les autres championnats de ses quelques clubs qui sont encore fragiles et ne pourraient supporter des saisons et des saisons de vache maigre. Que personne ne soit éliminé à l'avance permet de garder les fidèles au stade.

D'un point de vue purement rationel et statistique, il serait légitime de dire que les récents efforts de l'Impact auront donc été vains. Dans l'émission Soccer Sans Frontières de la semaine dernière, mes collègues se posaient la question à savoir si la saison serait considérée comme sauvée advenant la qualification aux quarts de finale de la Ligue des champions CONCACAF. Je serais, tout comme eux, porté à dire que non.

Néanmoins, il est évident que le club a fait montre de plusieurs signes plus qu'encourageants dans la dernière série de six parties d'affilée sans subir le revers (5-1-0).

Que ce soit (et je tiens à le nommer en premier!) la tenue tout aussi surprenante que rassurante du jeune Jérémy Gagnon-Laparé, l'"effet Nacho" qui rejaillit dans toute sa splendeur sur ses coéquipiers - particulièrement le vieux renard italien - ou encore les contributions offensives de Romero et de Duka qui nous en font presque oublier ce bon vieux Justin.

Que dire de la renaissance du vétéran Matteo Ferrari qui a redonné une stabilité et une constance qui faisait cruellement défaut depuis, pour ainsi dire, le tout début de la saison. Ou encore de la montée en puissance du jeune Calum Mallace, très rarement pris à contrepied et prenant clairement de plus en plus de confiance (Collen qui, vous dîtes?). À vrai dire, même Felipe, éternel "trop de poutine" de cette campagne 2014, a plutôt bien fait à ses deux ou trois dernières sorties.

Maintenant, oui, les séries, c'était l'objectif prioritaire et nous savons d'ores et déjà que c'est raté. N'en reste pas moins que les derniers matches ont été à la fois bien plus plaisants à regarder et beaucoup plus encourageants en regard de la suite pour 2015.

Cela concerne autant les individualités qui ont présenté de l'amélioration récemment sur le terrain que la gestion de ce même personnel. En effet, tel que le réclamait bon nombre de partisans du club, Frank Klopas donne maintenant bien plus de temps de jeu aux jeunes issus de l'académie qu'il ne le faisait lors des deux premiers tiers de la saison. C'est de bon augure.

Finalement, le projet de la Caserne est à la fois rafraîchissant et porteur de grands espoirs pour la perennité du club sur le plus long terme. Le club y gagnera ultimement à la fois sur le terrain avec de meilleurs et plus nombreux joueurs locaux ainsi qu'en termes de crédibilité et de pouvoir d'attraction pour de futurs porte-couleurs de l'extérieur

Qui sait, si l'Impact passe les groupes et finissait par atteindre la demi-finale ou même mieux en Ligue des Champions...d'accord, je sais, c'est peu probable. Peu importe. Présentement, le club joue assez bien pour qu'existe la perspective que ce soit peut-être posssible. Voilà ce qui importe. Au fond, on ne demande qu'à croire.