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Impact de Montréal : Entre changement et révolution

On peinture ou on répare les fondations?

Geoff Burke-USA TODAY Sports

Le tweet du propriétaire Joey Saputo plus tôt cette semaine peut laisser place à nombre d'interprétations...

" Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d'entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez... il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même...  " - Bernard Werber

On nous a promis du changement. Soyons honnêtes, il y en a eu un peu depuis.

D'abord, le prêt de Blake Smith, ne figurant pas dans les plans à court terme, qui part se perfectionner sous d'autres cieux, en l'occurence, au Indy Eleven de la NASL. Aussi, le départ de ce cher Collen Warner en direction du Toronto FC réjouit la majeure partie des supporters. Le fait que nous recevions en échange le joueur même qui a assuré à Toronto leur qualification en finale du championnat Amway contre l'Impact a de quoi faire sourire également.

Du côté positif, on se dira qu'au moins, des décisions se prennent. Que les dirigeants demeurent les bras croisés à réciter leur hymne "On a confiance en l'effectif" alors que les choses se corsent autant deviendrait d'autrement plus inquiétant.

On dira aussi que ces changements ont le mérite de clarifier un peu l'évolution faite des cartes en main et la façon dont on entend les utiliser d'ici la fin de la saison.

Qu'on se départisse de Smith dit que renfort à venir ou pas à l'aile gauche, Sanna Nyassi - qui fut omniprésent mercredi soir dernier -, Andres Romero et vraisemblablement Maxime Tissot ont été jugés plus adéquats à aider dans l'immédiat.

Ça veut peut-être aussi dire que si on demeure en 4-2-3-1, Jack McInerney pourrait être réutilisé à gauche au retour du goleador. Le même qui s'est vu appeler "Diva Io" suite à sa petite leçon de morale aux partisans il y a quelques jours.

Le départ de Warner, d'un côté purement tactique, peut aussi révéler certaines tendances et intentions. De un, cela signifie probablement que Patrice Bernier demeurera milieu défensif jusqu'à nouvel ordre et peut faire son deuil d'agir comme #10 dans le court terme.

Remarquez, dans le capharnaum que fut le dernier match face à Edmonton, il a su prouver qu'il est revenu à 100% physiquement. S'il joue fréquemment de cette façon, il n'existe pas de vraie bonne raison de l'installer ailleurs. Il est celui qui rend la traversée du tiers central du terrain plus simple, fluide et assurée.

Calum Malace, bien qu'il n'ait pas prouvé grand-chose en soi, a eu le temps de démontrer qu'il n'était pas pire que Warner et se voit donc devenir le premier choix comme milieu défensif substitut derrière le capitaine et Bernardello.

Finalement, avec Felipe Martins qui gagne un tant soit peu en constance et Bernier qui sera affecté à temps plein un cran plus bas, peut-être que Santiago Gonzalez en profitera et deviendra l'option #1 comme MOC remplaçant. À moins que la nouvelle acquisition, Issey Nakajima-Farran, ne soit celui qui vienne prendre cette place et la renforcer tout en faisant perdurer le purgatoire de ce cher Santiago?

À droite, Justin Mapp règne en roi et maître comme le plus dangereux et le plus constant en attaque du côté montréalais. Pour les remplaçants, ça devient cependant la position la plus incertaine. Le nom de Romero peut revenir (sans doute le plus nomade des joueurs de l'effectif). Des tests avec Hassoun Camara ou Eric Miller en fin de match pourraient peut-être valoir leur pesant d'or s'ils devaient s'avérer concluants.

Maintenant, Il est certain que le fait de se départir du joueur le plus utilisé par l'entraîneur cette année et l'envoyer chez l'ennemi juré peut entraîner plusieurs interprétations différentes et que peu de celles-ci s'apparentent à du soutien ou encore à de la cohérence.

Il est aussi entendu que la grogne des partisans concernant les façons de faire étaient et sont encore bien trop profondes pour être pansées avec ces quelques remaniements mineurs. Cependant, l'amateur qui souhaite avant toute chose le succès de son équipe sur la durée se retrouve dans une espèce de cul-de-sac intellectuel par rapport à ce qu'il souhaite de son propre club présentement.

On aurait tous aimé y croire, mais on voit de plus en plus chaque jour que la maison chancelle sérieusement.

Si votre maison chancelle, inutile de vous attaquer à la peinture, il faut plutôt remettre en question chaque calcul et chaque décision prise. Seulement, voilà, si vous ne faites carrément plus confiance aux architectes et aux entrepreneurs, vous souhaiterez alors entreprendre ce projet avec d'autres professionnels. Or, vous vous rendez ensuite compte qu'il vous est impossible d'aller voir ailleurs pour des raisons quelconques (SIC). Cul-de-sac. On fout tout par terre ou on sort les pinceaux?

Il y a présentement des changements. Plusieurs en sont cependant au point d'exiger une révolution. Qui a raison? Les posés ou les passionnés? Les naïfs ou les excessifs? Une seule chose demeure : tous ne demandent, au fond, que de bonnes raisons de continuer de croire...