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L'Impact et son leadership

Après une saison de misère il y a quelque chose que l'Impact devra à tout prix régler : son leadership. Cela tant dans le vestiaire qu'au niveau de la direction.

Kevin Jairaj-USA TODAY Sports

Nous sommes au début novembre. La frénésie est bien installée dans plusieurs villes de soccer aux États-Unis. Leurs équipes favorites prennent part aux séries de la MLS. Pour notre part, c’est depuis juillet que cette présente saison est terminée ou peut-être même avant pour certains. Cependant, la citation de Matteo Ferrari au début de la saison aurait du nous sonner la cloche à l’oreille.

En affirmant haut et fort qu’il ne pensait pas que l’équipe était meilleure que celle de 2013 et qu’un problème de leadership allait affliger l’impact à cause des pertes de Nesta et Arnaud, il s’est fait regarder bizarrement. Moi le premier je l’avoue. Je pensais fermement que les problèmes de la fin de saison 2013 étaient derrières et que Klopas allait régler certains problèmes. Je me suis royalement trompé.

La perte d’Arnaud a fait mal et ce, même si Bernier est devenu le nouveau capitaine. Je suis capable de vivre avec le départ de Davy. La perte de Nesta cependant fut catastrophique pour la défense centrale. Ceux qui l’ont vu jouer dans ses plus belles années en Italie ou encore durant les moments où il était en santé avec l’Impact savent qu’il était un véritable maestro en défense. Il dirigeait les défenseurs et son sens de l’anticipation était fabuleux. On se retrouvait donc avec un énorme trou en défense mais surtout en leadership car des défenseurs ayant remporté la ligue des champions et la coupe du monde ça ne court pas les rues.

Il y a deux principaux coupables à ce manque de leadership et malheureusement, ils n’ont joué aucune minute avec le onze montréalais cette saison : Nick De Santis et Frank Klopas.

L’inaction de NDS fut fatale à l’impact et ici je n’apprends rien à personne, car c’est la principale raison de son congédiement. Sa plus grosse erreur fut de ne pas remplacer la légende italienne en défense centrale. Il a ramené sans aucune raison valable Nelson Rivas et a fait l’acquisition de Heath Pearce. Rivas, comme on le sait, est une poupée de porcelaine et il n’aura joué que deux maigres minutes cette saison. Le deuxième est un défenseur qui a joué la grande majorité de sa carrière comme arrière gauche qu’on allait muter au centre. C’est un peu ridicule et utopique de croire que ces deux joueurs allaient remplacer ne serait-ce qu’un soulier d’Alessandro Nesta. C’est pourtant ce que NDS a fait.

Le manque de leadership de Klopas est à un autre niveau car il se situe beaucoup plus près du terrain. Les mauvais changements en cours de match ont été extrêmement mauvais cette saison. Il y allait toujours pour le changement ultra défensif au lieu de mettre le but qui aurait pu mettre fin au match. Ce genre d’actions et de décisions peut être très démoralisant pour les joueurs car on ne sent pas que l’entraineur a pleinement confiance.

Deuxièmement, la décision de laisser sur le banc le capitaine du club pendant plusieurs matchs en début de saison était très mauvaise. Cela remettait en doute la qualité de joueur de Bernier. Il aurait pu lui donner au moins une vraie chance et si jamais les choses n’allaient pas bien, il aurait été alors beaucoup plus facile de moins le faire jouer. Au lieu de cela, le capitaine rongeait son frein sur le banc. Rien pour améliorer les relations entre les joueurs et l’entraineur.

Le troisième point est un exemple flagrant où l’entraineur a manqué le bateau. Après une cuisante défaite de 4-0 face au Sporting de Kansas City en début de saison, Klopas ne s’est pas présenté pour répondre aux questions des journalistes présents. Il a bien sûr affirmé  que ce n’était pas voulu mais le mal était fait. Lorsque tu es entraineur professionnel, il faut que tu répondes de tes actes dans la victoire comme dans la défaite. Les grands leaders sont ceux qui, jours après jours et tempête après tempête, sont là avec les journalistes ou les partisans. Ce que Klopas a fait peut paraitre mineur de l’extérieur mais lorsque le dirigeant du club décide d’éviter une rencontre avec les journalistes, c’est toute l’équipe qui parait mal. Disons que ce n’est pas de cette façon que l’on construit des gagnants.

Il faut cependant être bien honnête et avouer avec du recul que l’Impact n’avait aucune chance de s’en tirer convenablement cette saison. Après la débâcle de 2013, on aurait pu s’attendre à des changements incisifs au sein de l’équipe montréalaise et malheureusement, le seul changement qu’il y a eu fut l’arrivée de Klopas. C’est selon moi la principale erreur de la haute direction montréalaise. On peut aller loin avec des si mais je ne crois pas que Marco Schällibaum aurait permis à NDS d’être aussi inactif s’il était demeuré entraineur. Il aurait bien sûr exigé des explications et des nouveaux visages car il savait très bien que cette équipe n’allait pas arrivée à bon port avec les effectifs présents et c’est ce qui lui a coûté son job. Il avait une bonne idée des changements à faire pour éviter une autre fin de saison comme il venait de le vivre.

Arrive par la suite Klopas qui ne connait pas les joueurs de l’intérieur. On décide de ne faire pratiquement aucun changement et de se fier à l’effectif 2013 sans, naturellement, Nesta et Arnaud. L’apport de ces deux joueurs a été grandement sous-estimé par la haute direction.

Il était donc très étonnant de voir Ferrari faire le constat d’un manque de leadership alors que la direction elle-même n’avait pas bougé et faisait donc confiance aux joueurs en place. Mais pourquoi donc un joueur remarquait cela alors que les hauts-dirigeants jouaient à l’aveugle ? Il est donc clair que le gros problème de cette équipe se situe parmi les vrais leaders de l’équipe et je parle ici de la haute-direction. C’est elle qui guide la barque et qui prend les décisions. C’est elle qui choisi les joueurs et le groupe d’entraineur. C’est un problème très grave car quand les vrais leaders de l’équipe ne font pas preuve de leadership, c’est l’équivalent d’avoir un loup dans la bergerie et espérer avoir un beau et bon troupeau.

Ils  auront cependant la chance de se faire pardonner car il y a  encore d’importantes décisions à prendre d’ici février et la ligue des champions. Cela rétrécit de façon considérable l’entre-saison de l’Impact et le soleil ne semble pas se pointer à l’horizon. Il faudra que les dirigeants de cette équipe agissent en leader et non en poules sans tête prenant des décisions à l’aveugle car s’il y avait un manque de leadership avec Matteo Ferrari et Marco Di Vaio dans l’alignement, je n’imagine même pas le vide qu’il faut combler maintenant qu’ils ne sont plus là. Espérons que les années se suivent mais ne se ressemblent pas !