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Alan Kelly...mais encore?

MLS: Portland Timbers at Montreal Impact
Shome, comme à son habitude, n’a pas ménagé les efforts.
Eric Bolte-USA TODAY Sports

Après les 90 minutes jouées samedi soir au Stade Saputo, la majorité des 16 796 spectateurs ont quitté les tribunes en questionnant la performance de l’arbitre Alan Kelly, suite à la défaite de 3-2 de l’Impact de Montréal. Bien que Kelly ait pu contribuer à la défaite de l’Impact, il est injuste pour ce dernier de se voir jeté tout le blâme pour une défaite qui aurait certainement pu être évitable. Il est donc intéressant de s’interroger tactiquement et individuellement où l’Impact a erré et bien sûr, où Minnesota a réussi.

L’Impact alignait un système 5-4-1 en poursuite du ballon qui poussait immédiatement les défenseurs latéraux vers l’avant au moment de la récupération. Le réflexe premier semblait de tenter de libérer Bacary Sagna avec une passe rapide vers l’aile droite car Minnesota jouait, en première demie, un système sans milieux latéraux. Sagna, pendant de longues périodes, avait un boulevard d’une quarantaine de mètres devant lui pour atteindre le défenseur latéral gauche adverse Chase Gasper. L’idée, à priori, était excellente de la part de Garde, car Sagna, et quelques fois Jukka Raitala, n’avaient pas à négocier avec le cadrage défensif d’un ailier pour attaquer la défensive adverse. L’Impact en exploitant les ailes découvertes par son adversaire a dominé la possession et la position sur le terrain pendant de longues minutes en première demie. Le problème était, une fois installé avec la possession en zone adverse, la qualité de la dernière passe vers le but était loin d’être assez bonne.

Ce sont sur deux jeux rapides en longues balles que l’Impact crée ses buts. Le premier vers Anthony Jackson-Hamel qui y va d’une superbe geste individuel suite à une passe de Zakaria Diallo. Le second venant d’un dégagement de la défense Montréalaise où Jackson-Hamel gagne un coup de pied de coin qui mène au but de Rudy Camacho. La route directe vers le but adverse aurait pu être privilégiée plus souvent par des longues balles.

MLS: Minnesota United FC at Montreal Impact
AJH a été nommé joueur du match après son effort de 77 minutes.
Jean-Yves Ahern-USA TODAY Sports

Les visiteurs pour leur part, au début de la partie alignaient une formation 4-2-2-2 (un 4-4-2 avec deux rideaux de milieux axiaux). L’idée était intéressante de la part de l’entraineur adverse Adrian Heath. Défensivement, les 4 milieux de Minnesota emboîtaient Samuel Piette et Shamit Shome et les ont poussé à jouer rapidement en une touche de balle. C’est la passe précipitée de Piette interceptée qui offre le premier but à l’équipe visiteuse. Plusieurs fois durant la partie Piette et Shome ont dû faire des jeux rapides sous pression qui se sont transformés en perte de possession.


Dans ces conditions, la défense de l’Impact se devait d’être sur la même page pour gérer les contre-attaques adverses. Toutefois, la redondance en défensive était la piètre entente entre Victor Cabrera et Zakaria Diallo. Dans une défensive centrale à 3 (Rudy Camacho étant le 3è), la communication se devait d’être constante pour s’assurer de réussir ses couvertures défensives. Malheureusement, sur les 3 buts, des erreurs de positionnement évitables par une meilleure communication coulent l’Impact. Zakaria Diallo en a d’ailleurs payé le prix par une substitution hâtive.

Suite au 3e but, l’IMFC s’est buté à une équipe qui s’est replacé en 4-4-2 mais cette fois à plât et s’est contentée de défendre très bas et réduire l’espace entre les défenseurs et les milieux de terrain. Encore une fois, la qualité des passes finales lorsque installés dans la zone adverse a fait très mal aux Montréalais qui n’ont jamais réellement semblé menaçants en fin de rencontre.

MLS: Montreal Impact at New England Revolution
Garde, qui a réussi sa préparation tactique pour ce match, en avait long à dire aux officiels après les 90 minutes.
Greg M. Cooper-USA TODAY Sports

Les choix tactiques de Remi Garde au début de la partie étaient en général les bons. La possession à 61% en faveur des Montréalais ainsi que les 11 tirs contre 8 en sont la preuve. Toutefois, la pauvre execution au niveau de la défense centrale ainsi que le manque de qualité près du but adverse coulent l’Impact, qui a du se contenter plus souvent qu’autrement de tirer de loin. Étant donné le succès de l’Impact sur les ballons aériens en profondeur, il aurait été intéressant de tenter la tactique à plus grande échelle au cours de la partie. L’entraineur Français peut donc être serein sur la manière dont il a préparé collectivement son équipe, car franchement, ce sont des erreurs individuelles qui ont coûté la victoire aux Montréalais. Ça et peut-être l’information fournie dans l’oreille de Alan Kelly lors des moments clé du match?