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Un club sans direction, ou une direction sans conviction?

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Nous ne gagnerons pas jusqu'à ce que nous trouvions un entraîneur qui représente notre style de jeu, et sait comment utiliser correctement nos joueurs.

Eric Bolte-USA TODAY Sports

Dans 100 ans, lorsque les historiens de soccer parleront de la seule équipe professionnelle dans le Canada français, ils vont appeler les saisons de 2014 et de 2015 l'ère post-Marco Schillibaum. Puisque les appeler l'ère Frank Klopas impliquerait que cet entraîneur avait une identité.

En effet, il n'a rien contribué d'unique et de tangible. La plupart d'entre nous se souviennent des saisons 2014 et 2015 et sont heureux qu'elles soient enfin terminées.

La saison dernière et celle en cours, ont été un moment difficile pour les fans de l'Impact. Rien ne semblait fonctionner. Victoires après victoires ont été arrachées de nos mains au mauvais moment. L'entraîneur doit prendre possession de cette culture de la complaisance. L'entraîneur doit accepter la responsabilité pour le moral des joueurs. Malheureusement, tel est le fardeau de ces dirigeants. Cela semble avoir été de trop pour Frank Klopas. Espérons qu'il trouvera le succès ailleurs, parce que Montréal n'a jamais été son équipe ou sa ville.

Nous avons une perspective unique ici à Montréal. Toronto pense qu'elle est la ville au centre de l'univers, même si personne ne s'en soucie à l'extérieur de Toronto. Mais Montréal est le centre d'une culture unique. Nous pouvons parler la même langue que les Français ou les Haïtiens et faisons partie de la Francophonie, mais nous sommes différents.

Montréal est le cœur battant de la culture et de l'identité de 8 millions de Québécois, de centaines de milliers d'Acadiens et des Franco-Ontariens qui consomment les médias et les entreprises de la métropole.

Un hymne Montréalais composé pas les rappeurs Acadiens Radio Radio


Pour nous, gagner un championnat américain est agréable - mais l'attention internationale est meilleure. Ceci est la raison pour laquelle la ville de Montréal a applaudi avec passion pour la finale de la Ligue des Champions et a refusé de participer à un match une semaine plus tard contre Chicago ou Philadelphie ou n'importe qui. Il n'est pas ici question de langue, mais de culture. Cette culture ne se contente pas d'influence notre soccer, elle l'infecte.

Frank Klopas a compris le soccer. Il ne comprenait pas le Canada français. Marco Schillibaum avait compris les deux. Maintenant, ils sont partis et la saison compte encore 11 matchs à jouer avec comme objectif final une place dans les séries éliminatoires. Si ce chapitre est à sa fin, nous devons faire les séries éliminatoires.

La tâche de diriger ce navire revient maintenant à Mauro Biello. Personnellement, il n'y a personne que je préfère voir à la tête que Monsieur Biello. Il a été avec le club depuis le début. Quelqu'un se souvient du premier championnat remporté par l'Impact? Quelqu'un se souvient du déchirement de Santos Laguna? Mauro Biello a vécu ces expériences. Il comprend NOTRE style de soccer. Oui, il n'est pas un entraîneur d'UEFA. Oui, il n'a jamais entraîné une équipe en séries éliminatoires de la MLS.

Mais Mauro Biello comprend Montréal et notre culture. Nous ne sommes pas ici seulement pour gagner, nous sommes ici pour faire une déclaration au monde. Biello comprend que gagner la Coupe des Voyageurs n'est pas important, il s'agit d'un résultat crucial. Perdre la Coupe des Voyageurs cette année a été une claque au visage de Montréal et des partisans canadiens-français qui suivent les matchs sur TVA Sports et RDS à Sudbury, Moncton et Chicoutimi. Ils voulaient voir leur équipe jouer au Costa Rica, au Panama ou au Mexique. Columbus ou Denver ne sont pas de bonnes substitutions.

Donc, est-ce que Mauro Biello saura apporter une nouvelle mentalité? Absolument. Mais peut-il changer la culture de l'Impact? Non, pas par lui-même. Les partisans, les médias et la direction dictent la culture ensemble. Mais l'entraîneur est la figure de proue. Notre entraîneur était une figure de proue pour un style que nous ne voulions pas voir. Ce fut la première étape. Mauro Biello est la deuxième étape. Mettre à pied l'entraineur était justifié et je serais au côté de Saputo dans un battement de cœur si cette décision divise les fans.

Joey Saputo, Adam Braz, Nick De Santis et Mauro Biello prennent beaucoup de critiques pour leurs actions. C'est normal, mais ils ne sont pas le problème. Il y a beaucoup de gens qui pensent qu'ils sont la racine de tous les maux du soccer à Montréal. Ces gens ont tort. Joey Saputo sait quel genre de soccer nous voulons. Nous voulons voir le style européen ou latin, parce que nous parlons la langue et comprenons la culture.

Il nous l'a donné. Lorsque l'Impact a perdu en finale de la Ligue des champions, c'était Joey Saputo, pas Frank Klopas, qui réconfortait Laurent Ciman et Ignacio Piatti. Il est resté jusqu'à la fin. Il a enduré la défaite amère, sachant qu'il était responsable de réparer son navire - même s'il avait besoin d'un nouveau capitaine.

Le problème était l'entraîneur.  Ce ne fut pas que Frank Klopas était trop conservateur, ou faible, ou lent. Son problème était qu'il voulait jouer le soccer américain, dans une ligue américaine contre des équipes américaines. Nous ne sommes pas Américains. Nous ne jouons pas ce style, même si c'est le style de notre opposition. Il y a toujours eu une vision contradictoire entre Saputo et Klopas, et personne ne l'a articulé mieux que Laurent Ciman cette année quand il a déclaré: " Nous n'avons pas de direction ". Cela est vrai qu'en partie. Le club a toujours eu une direction, l'entraîneur ne l'a pas compris.

Alors, comment l'ère post-Schillibaum s'est terminée? Dans les séries éliminatoires? Dans la défaite? Je ne sais pas, je m'en fou. Je ne pense pas que cela importe. Ce qui importe est le prochain chapitre. Qui sera le prochain entraîneur de notre petite équipe avec de grandes ambitions?

Je sais seulement que le prochain entraîneur doit être capable de parler français et doit provenir de notre région. Pourquoi? Parce que nous savons exactement ce que Montréal (et le Canada français) veulent, comme marché, dans une équipe. Il ne suffit pas de gagner. Nous devons gagner avec conviction, avec le type de joueur que nous voulons voir. Plus important encore, nous voulons voir ces valeurs reflétées dans un entraîneur.

Je ne sais pas qui va mettre fin à l'ère post-Marco Schillibaum. Mais un Montréalais qui parle français, qui a entraîné une équipe à un championnat et est actuellement avec un club qui est numéro un dans les classements est... Marc Dos Santos. Il est ami avec la direction Saputo, et il connaît le marché de Montréal.

Son club actuel, le Fury d'Ottawa, est numéro un dans les classements, et a établi des records pour les matchs sans but et le nombre de victoires cette année. Il a aussi l'avantage d'avoir déjà entraîné l'Impact de Montréal dans la deuxième division, en 2009.

Entrevue bilingue avec Marc Dos Santos en 2014

Un entraîneur de la deuxième division avec une vision de la victoire, imaginez la réaction des partisans!

Mais, peut-être que Dos Santos en a terminé avec Montréal. Peut-être que nous sommes à la recherche de quelqu'un avec un pedigree supérieur. Je ne peux pas commencer à imaginer les discussions que Saputo va avoir. Cependant, un entraîneur multilingue qui parle francais et qui a de l'expérience en Amérique latine, en Afrique et en Europe est exactement le genre d'entraîneur dont nous avons besoin et voulons avoir.

Parfois, pour comprendre où vous allez, vous devez vous souvenir d'où vous venez.

Nous ne gagnerons pas jusqu'à ce que nous trouvions un entraîneur qui représente notre style de jeu, et sait comment utiliser correctement nos joueurs. Jusqu'à ce que nous trouvions un entraîneur qui peut donner à nos joueurs une raison de viser l'excellence, nous serons une équipe à performance moyenne. Notre prochain entraîneur ne devrait pas être de niveau moyen.

Après tout, dans 100 ans, ces historiens diront que l'ère post-Schillibaum était la fin de l'Impact comme une force. Ou ils diront que c'était simplement le début d'une nouvelle ère pour l'Impact, quand l'équipe a enfin trouvé son identité et a joué à son plein potentiel. Comme partisans, et comme un club, il est maintenant temps de décider quel chemin nous allons choisir.